Qui est Maria Montessori ?
Pourquoi sa pédagogie est-elle si intéressante ?

Son parcours
Maria Montessori, née le 31 août 1870 à Chiaravalle en Italie et morte le 6 mai 1952 aux Pays-Bas, est une femme médecin et pédagogue. Elle est mondialement connue pour la méthode pédagogique qui porte son nom, la « Pédagogie Montessori ».
Dès 14 ans, Maria se passionne pour les mathématiques. Encouragée par sa mère, elle s’obstine et intègre, en 1884, le collège technique Michelango Buonarotti réservé aux garçons, malgré l’opposition de son père. Elle en sort diplômée deux ans plus tard. Elle y découvre la biologie.
Elle poursuit ensuite son cursus secondaire au lycée technique Leonardo da Vinci. En 1890, elle obtient son baccalauréat puis s’inscrit à l’université, en sciences naturelles. Elle trouve très vite sa vocation et souhaite devenir médecin malgré les préjugés et le refus du ministre de l’Éducation nationale de l’époque.
En 1892, malgré de nombreux obstacles, Maria Montessori réussit à intégrer la faculté de médecine de Rome La Sapienza et à décrocher une bourse. Elle donne également des leçons particulières pour avoir un revenu et assumer les frais de sa scolarité.
En 1896, à 26 ans, Maria Montessori obtient son diplôme de docteur en médecine avec une thèse dans le domaine de la psychiatrie sur l’hallucination antagoniste. Elle est l’une des premières femmes diplômées de médecine en Italie. Elle obtient également une licence en biologie, philosophie et psychologie.
Un tournant dans sa carrière professionnelle
Entre 1894 à 1896, elle travaille comme assistante dans une clinique, où elle rencontre plusieurs enfants déficients mentalement. Elle constate avec effarement qu’ils sont mélangés aux adultes et qu’ils n’exercent aucune activité, n’ayant aucun jeu à leur disposition alors que la manipulation lui semble être un élément essentiel au bon développement cognitif. Elle obtient du directeur de la clinique la création d’un service séparé qui sera considéré comme l’un des premiers services pédo-psychiatriques d’Italie.
En parallèle, elle découvre les travaux de Jean Itard, médecin, inventeur de l’otorhinolaryngologie, qui travaille auprès de sourds-muets et notamment ses écrits sur « Victor, l’enfant-sauvage de l’Aveyron« , ainsi que ceux d’Edouard Séguin, pédagogue français auprès d’enfants déficients, auteur de « Hygiène et éducation des idiots » publié en 1846.
La mise en place de sa pédagogie
Pour exercer sa profession au mieux, elle part en France étudier la pédagogie. Elle s’appuie sur les méthodes éducatives pour enfants déficients de Jean Itard et Edouard Séguin, précurseurs d’une nouvelle approche de la maladie mentale, pour créer son propre matériel. Elle ramène de Paris leurs travaux qu’elle traduit et recopie à la main la nuit alors qu’elle travaille le jour avec des enfants déficients auxquels elle apprend à lire, à écrire. Son matériel est un véritable succès car les enfants réussissent davantage les examens de lecture et d’écriture.
Peu de temps après, elle crée sa propre école d’orthophrénie, y forme des enseignants et leur fait prendre conscience de l’importance de l’observation : « Observer et non juger. »
En 1901, elle commence à s’intéresser aux enfants « normaux ». Elle crée à partir de 1906 sa méthode pédagogique pour les très jeunes enfants et, en 1907, elle ouvre la première Maison des enfants (Casa dei bambini) dans le quartier populaire de San Lorenzo à Rome.
Les parents ont libre accès à l’école. En contrepartie, ils doivent veiller à la propreté et à la bonne tenue des enfants. L’institutrice habite dans l’immeuble pour mieux collaborer avec les parents dans l’éducation des enfants. La Casa dei bambini devient une base de recherche et un laboratoire d’expérimentation où Maria Montessori construit et éprouve sa méthode. Grâce à cette dernière, elle devient mondialement connue. Sa méthode s’appuie essentiellement sur la liberté des élèves, ce qui a révélé des changements de comportement inattendus chez eux. Les enfants les plus timides peuvent s’exprimer davantage.
La pédagogie Montessori repose sur les principes suivants : le libre choix de l’activité, l’autodiscipline, le respect du rythme de chacun et l’apprentissage par l’expérience. « Tout enfant est un roi en marche vers l’aurore » affirme Maria Montessori. L’objectif est de donner une éducation aux enfants pour qu’ils deviennent des adultes responsables, indépendants et capable de s’adapter.
« N’élevons pas nos enfants pour le monde d’aujourd’hui, écrivait le docteur. Ce monde n’existera plus lorsqu’ils seront grands. Et rien ne nous permet de savoir quel monde sera le leur : alors, apprenons-leur à s’adapter. »
— Maria Montessori
Et aujourd’hui ?
Aujourd’hui, il y a près de 200 écoles Montessori en France et plus de 20 000 écoles sur tous les continents.
Le concept clé de Maria Montessori est l’idée de l’éducation non pas comme une transmission de savoirs, mais comme l’accompagnement du développement naturel de l’enfant, via un environnement préparé, adapté aux caractéristiques et aux besoins de son âge. Sa méthode a vocation à être une pédagogie scientifique, basée sur la connaissance et le respect des lois qui gouvernent le développement des enfants. Cette pédagogie est une méthode d’éducation dite « ouverte » qui repose sur :
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l’observation de l’enfant
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l’enfant comme une personne non seulement digne d’intérêt mais surtout comme l’avenir de la société
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l’importance de l’éducation et de l’instruction avant l’âge de 6 ans.
Pour elle, le corps a une importance dans le développement intellectuel de l’enfant, ce qui peut être bénéfique notamment pour les enfants qui ont une mémoire kinesthésique.
« L’intellect de l’enfant ne travaille pas seul, mais, partout et toujours, en liaison intime avec son corps, et plus particulièrement avec son système nerveux et musculaire. »
— Maria Montessori

L’apprentissage et le développement de l’enfant par ce premier pilier qu’est la pédagogie Montessori ne seraient pas complet sans le second pilier, celui de la pratique musicale pour renforcer et favoriser le développement du cerveau chez l’enfant.